Argumentaire Encore rĂ©sister ?! © Creative Commons - Flickr - John_Kittelsrud Les partis les plus liberticides, situĂ©s Ă lâextrĂȘme droite, sont quasiment insignifiants en Wallonie et Ă Bruxelles. Certains sont tentĂ©s de rĂ©pondre laissons tomber. Mais quâen est-il des idĂ©es extrĂ©mistes qui contaminent peu Ă peu lâensemble du paysage politique europĂ©en ? Malheureusement lâextrĂȘme droite nâa pas le monopole de ces idĂ©es haineuses. Elles influencent les choix de sociĂ©tĂ© et affaiblissent directement nos libertĂ©s fondamentales. Les quelques exemples tirĂ©s de lâactualitĂ© dĂ©montrent la nĂ©cessitĂ© de combattre encore et toujours les idĂ©es qui menacent nos valeurs et notre mode de vie. Pire que le bruit des bottes, le silence des pantoufles ! Max Frisch Au racisme, je rĂ©siste ! © Creative Commons - Flickr - Philippe Leroyer Non, je ne suis pas raciste, mais⊠» Le racisme primitif qui Ă©tablissait une hiĂ©rarchie des races fondĂ©e sur des prĂ©ceptes biologiques » nâest plus dâactualitĂ©, en tout cas pas ouvertement. On lui a en effet dâabord prĂ©fĂ©rĂ© un racisme plus politiquement correct qui visait non pas Ă affirmer la supĂ©rioritĂ© dâune race » sur une autre, mais plutĂŽt lâĂ©vidente incompatibilitĂ© qui existerait entre deux cultures ». Mais ça, câĂ©tait avant ! Car, depuis lors, aprĂšs le racisme biologique », en plus du racisme culturel », câest une nouvelle forme de racisme qui a vu le jour le racisme socio-Ă©conomique ». Au nom de la sauvegarde de notre modĂšle de protection sociale, il devient donc lĂ©gitime de rejeter lâAutre. Or, depuis lâarrĂȘt de lâimmigration lĂ©gale en 1974, le droit dâasile est un vĂ©ritable parcours du combattant et, mĂȘme au sein de lâespace Schengen, les ressortissants ne peuvent demeurer plus de trois mois dans un pays quâĂ condition dâavoir obtenu un permis de travail⊠et un boulot. Bref, prĂ©tendre que lâimmigration constitue une menace pour notre systĂšme social est tout bonnement sans fondement. Ce nâest lĂ quâun procĂ©dĂ© dâinstrumentalisation de lâopinion publique ! Au rejet de l'autre, je rĂ©siste ! © - Creative Commons - Flickr - Orazio Esposito Durcissement de la politique dâasile Une politique de plus en plus restrictive en matiĂšre dâaccueil des demandeurs dâasile, dâaccĂšs Ă la protection et de regroupement familial semble ĂȘtre globalement partagĂ©e en Belgique tant au niveau politique que dans lâopinion publique. Et les difficultĂ©s de gestion rencontrĂ©es par lâUnion europĂ©enne, notamment sur lâĂźle de Lampedusa, de Lesbos, de Samos ou dans la jungle de Calais nâont Ă©videmment eu dâautre effet que de renforcer cette conviction. Mais voilĂ , ces lieux riment dĂ©sormais avec dĂ©bordement, insĂ©curitĂ© et violence physique, psychologique, sociale tandis que la MĂ©diterranĂ©e, elle, est devenue un cimetiĂšre pour migrants. Et ça, ça fait dĂ©sordre⊠Il faut donc trouver une solution et câest Ă Frontex, lâagence europĂ©enne pour la sĂ©curitĂ© et les frontiĂšres extĂ©rieures, que la mission est confiĂ©e. Mais peut-on raisonnablement cumuler le rĂŽle de police des frontiĂšres avec celui de secouriste ? Peut-on lutter contre lâimmigration clandestine et parallĂšlement tendre la main aux migrants en danger ? Au retour dâun conservatisme liberticide, je rĂ©siste ! © Creative Commons - Flickr - Samy_Soussy Espagne lâIVG crucifiĂ©e Alors quâil est autorisĂ© dans la grande majoritĂ© des Ătats membres de lâUnion europĂ©enne lâinterruption volontaire de grossesse IVG est encore strictement conditionnĂ©e en Pologne, en Irlande du Nord et mĂȘme totalement interdit Ă Malte ! Dans les pays europĂ©ens oĂč elle est pourtant lĂ©gale, lâIVG est nĂ©anmoins souvent remise en question, voire rendue difficile dâaccĂšs. Les attaques des anti-choix sont de plus en plus nombreuses, quâelles soient frontales ou insidieuses. Ainsi, en Hongrie, en 2012, le Gouvernement Orban a introduit dans la Constitution la protection de la vie dĂšs la conception » rendant lâavortement trĂšs mal perçu et lâaccĂšs compliquĂ©. En Espagne, aprĂšs avoir manifestĂ© la volontĂ© de la restreindre drastiquement, câest finalement une loi interdisant aux mineurs dâavorter sans le consentement de leurs parents qui a Ă©tĂ© adoptĂ©e en 2015. La mĂȘme annĂ©e, le Portugal dĂ©cidait de son cĂŽtĂ© dâimposer Ă la charge des femmes tous les frais liĂ©s Ă lâarrĂȘt de leur grossesse. Mais le plus grand leurre rĂ©side sans doute en Italie. LĂ , bien que parfaitement lĂ©gale, lâIVG est encore aujourdâhui un vĂ©ritable parcours impossible dans la mesure oĂč le taux de mĂ©decins objecteurs de conscience atteint prĂšs de 80 %. En Belgique, si lâIVG a rĂ©cemment Ă©tĂ© sorti du Code pĂ©nal, il nâen reste pas moins que les sanctions pĂ©nales sont maintenues pour les femmes et les mĂ©decins en cas de non-respect des conditions fixĂ©es par la loi. LâIVG est un droit fondamental des femmes ; sa dĂ©fense, un combat au nom de la libertĂ©, de la promotion de la santĂ© publique et du droit des femmes Ă disposer de leur corps et Ă choisir leur vie. Aux partis dâextrĂȘme droite, je rĂ©siste ! © Creative Commons - Flickr - Roel Wijnants LâextrĂȘme droite au pouvoir⊠dĂ©jĂ une rĂ©alitĂ© En 1991, la Belgique voit revenir dans ses instances parlementaires des dĂ©putĂ©s dâextrĂȘme droite. Et, depuis la fin du XXe siĂšcle, partout en Europe, lâascension de partis dâextrĂȘme droite ou nationaux-populistes est continue Rassemblement National ancien FN français, PVV du NĂ©erlandais Geert Wilders ou encore UDC suisse en sont des exemples Ă©loquents. Mais, dans certains pays, un pas supplĂ©mentaire a Ă©tĂ© franchi des partis liberticides sont associĂ©s Ă la majoritĂ© gouvernementale. Câest le cas du FPĂ en Autriche, et, tout rĂ©cemment, de la Ligue du Nord alliĂ©e aux populistes du Mouvement Cinq Ătoiles en Italie. Ajoutons Ă cela, la prĂ©sence de Marine Le Pen aux Ă©lections prĂ©sidentielles françaises, un Brexit prĂ©conisĂ© par le parti extrĂ©miste britannique UKIP, lâarrivĂ©e de lâAfD en Allemagne premier parti dâextrĂȘme droite Ă pouvoir entrer au Bundestag depuis les nazis et la réélection du trĂšs controversĂ© Viktor Orban en Hongrie, la rĂ©alitĂ© en devient des plus inquiĂ©tante. Ă lâhomophobie, je rĂ©siste ! © Creative Commons - Flickr - Homophobie criminelle Attitudes homophobes, sentiments dâhomo-nĂ©gativitĂ© ou encore psychodrame autour de la loi sur le mariage pour tous en France sont des indicateurs criants des sources de discriminations que subissent encore les personnes de la communautĂ© LGBT *, aujourdâhui. Pire, certains homophobes nâhĂ©sitent pas Ă attenter Ă lâintĂ©gritĂ© physique de ces personnes, allant parfois jusquâau meurtre ! En aoĂ»t 2018, un couple homosexuel a Ă©tĂ© violemment attaquĂ© Ă Gand et leurs agresseurs ont Ă©tĂ© interpellĂ©s par la Police. AprĂšs le procĂšs historique de mars 2014 et la condamnation de RaphaĂ«l Wargnies pour un homicide volontaire avec prĂ©mĂ©ditation contre Jacques Kotnik, un homme gay de 61 ans, dans le parc dâAvroy de LiĂšge, la justice belge reconnaĂźt lâhomophobie comme un acte criminel avec circonstances aggravantes. Ce nâest malheureusement pas le cas partout. Lâhomophobie est notamment une notion profondĂ©ment ancrĂ©e dans la sociĂ©tĂ© russe. Si elle y est dĂ©pĂ©nalisĂ©e depuis 1992 sous pression du Conseil de lâEurope, auquel la Russie souhaitait adhĂ©rer, elle reste extrĂȘmement mal vue. Et que dire de la TchĂ©tchĂ©nie oĂč les arrestations, la torture et lâencouragement des familles Ă tuer leurs proches homosexuels font lĂ©gion ? En 2017, ce pays a dâailleurs connu un trĂšs grave durcissement de ses mesures contre les homosexuelles, instaurĂ©es par le prĂ©sident Ramzan Kadyrov. * LGBT lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres Ă la duperie, je rĂ©siste ! © Creative Commons - Flickr - Theglobalpanomarama En quĂȘte de respectabilité⊠DĂ©sireux de sâaffranchir de leur Ă©tiquette extrĂ©miste, nombreux sont les partis dâextrĂȘme droite Ă vouloir se racheter une image plus positive », câest-Ă -dire une image Ă©lectoralement plus porteuse. Par opportunisme politique, ils nâhĂ©sitent donc pas Ă sâaffirmer dĂ©mocrates et Ă opĂ©rer des glissements idĂ©ologiques incohĂ©rents. Ainsi, lorsquâelle qualifie son parti de national-populiste, lorsquâelle remplace le nom du Front National FN par celui de Rassemblement National RN ou lorsquâelle sous-entend que le FN-RN est un parti du centre, Madame Le Pen cherche uniquement Ă rassurer et Ă Ă©tendre son Ă©lectorat. Il nâest dĂšs lors pas Ă©tonnant, au regard de cette stratĂ©gie, de constater que lâextrĂȘme droite pioche parfois dans les rĂ©fĂ©rences idĂ©ologiques de la gauche afin de rallier Ă sa cause lâĂ©lecteur populaire déçu par les gouvernements socialistes. Ceci nâest Ă©videmment quâun leurre, ne soyons pas dupes ! Au mĂ©pris et aux discriminations, je rĂ©siste ! © Creative Commons - Flickr - Francesco_Paraggio La chasse aux Roms se poursuit Peuple de tradition nomade, les Roms souffrent depuis presque toujours de discriminations parfois criminelles ex. stĂ©rilisation forcĂ©e, etc.. Aujourdâhui, malgrĂ© une augmentation de leur sĂ©dentaritĂ©, beaucoup de Roms continuent Ă voyager en caravanes. Leurs conditions de vie restent inchangĂ©es, de mĂȘme que le mĂ©pris de la sociĂ©tĂ© Ă leur Ă©gard. LâadhĂ©sion de la Roumanie et de la Bulgarie Ă lâUnion europĂ©enne en 2007 a Ă©videmment focalisĂ© lâattention sur cette population et les passions se sont alors dĂ©chaĂźnĂ©es. En Italie, en France, mais aussi en Belgique, une chasse aux Roms sâest ouverte et les rĂ©centes dĂ©clarations de Manuel Valls, alors ministre français socialiste de lâintĂ©rieur, en disent long sur le point de vue des instances politiques, mĂȘme de gauche, sur cette question. Aux nĂ©onazis, je rĂ©siste ! © Creative Commons - Flickr - Le nĂ©onazisme nâest pas mort Alors que de nombreux partis dâextrĂȘme droite ont Ă©dulcorĂ© leur discours afin de gagner en lĂ©gitimitĂ©, dâautres continuent Ă multiplier les Ă©carts et Ă sâafficher ouvertement nĂ©onazis. Câest notamment le cas de certains membres du gouvernement de transition ukrainien SVOBODA ou du parti Aube dorĂ©e en GrĂšce. Quasiment inexistante avant la crise, Aube dorĂ©e a connu une percĂ©e importante en 2012 ; depuis lors, le parti maintient au mĂȘme niveau alors que nombreux de ses reprĂ©sentants sont en prison ! Existe-t-il un lien de cause Ă effet liĂ© Ă la situation Ă©conomique du pays ? On serait tentĂ© de le croire. Et pourtant, jamais ce parti nâa votĂ© de propositions de lois visant Ă restreindre les avantages des plus nantis. Au contraire, il sâaffiche volontiers avec de puissants hommes dâaffaires et exĂšcre les syndicats. MĂȘme ses mĂ©thodes outranciĂšres, brutales et meurtriĂšres â qui ont par ailleurs conduit plusieurs de ses reprĂ©sentants en prison â ne semblent pas vouloir dĂ©courager lâĂ©lecteur grec !
Jetrouve cette phrase célÚbre tellement d'actualité.Je repensais justement à un pote quand cette phrase m'est venu, dÚs qu'on lui posait des questions sur un sujet d'actualité (genre le
ACCOMPAGNEMENT INDIVIDUEL INTENSIFS INDIVIDUELS DEUIL, TRAUMA & TRANSITION JEĂNE ACCOMPAGNĂ QUEL EST TON PHARE ? LES + QUI SUIS-JE ? POUR ALLER + LOIN CORPS CONFINĂ, CORPS RETROUVĂ LA CHRONIQUE DâANNA +41 79 228 41 20 MENU ACCOMPAGNEMENT INDIVIDUEL INTENSIFS INDIVIDUELS DEUIL, TRAUMA & TRANSITION JEĂNE ACCOMPAGNĂ QUEL EST TON PHARE ? LES + QUI SUIS-JE ? POUR ALLER + LOIN CORPS CONFINĂ, CORPS RETROUVĂ LA CHRONIQUE DâANNA +41 79 228 41 20 / octobre 21, 2004/ L'ARBRE Ă PALABRES, Sagesse & beautĂ© Pire que le bruit des bottes, le silence des pantoufles. Max Frisch Articles similaires Post navigation â PIANTAR CHIODI LâAMOUR â Leave a Comment Votre adresse e-mail ne sera pas Email Website PrĂ©venez-moi de tous les nouveaux articles par e-mail.
pireque le bruit des bottes est le silence des pantoufles Pantouflards que nous sommes nous avons élu une élite schizophrÚne, Et voilà que les schizophrÚnes négocient avec
PubliĂ© le 02/05/2002 Ă 0000 L'imagination n'a pas manquĂ© sur les panneaux, parfois de simples rectangles de carton, et les banderoles. Voici un florilĂšge de ce que l'on pouvait y lire. - Dimanche, on tue le cochon - Nous sommes tous des immigrĂ©s français - Voter blanc, c'est salissant - N'ayez pas peur, entrez en RĂ©sistance - Gardarem la Jehanne, 1Ăšre Goudou de France - Le silence des pantoufles est plus inquiĂ©tant que le bruit des bottes - Le Pen nuit gravement Ă la dĂ©mocratie - Le Pen passe, la libertĂ© trĂ©passe - SĂ©isme 17,3 sur l'Ă©chelle de Hitler - Nous ne boirons pas de ta Front-haine - Voter Le Pen, c'est choisir son camp sur fond de barbelĂ©s - Nous garderons les couleurs de la France - LibertĂ©, j'Ă©cris ton Non - Auschwitz, un dĂ©tail ? Qu'est-ce qui nous attend... - La Vie avant la Bourse - Yoyo, reviens. Nous on t'aime. - Cathare, souviens toi de l'inquisition - Occitania = Democracia - La pauvretĂ© pour tous, le nettoyage ethnique partout - Halt' Ă la FĂŒrher Le Pen - BiĂšre allemande, chiffres arabes, frites belges... Tu reproches Ă ton voisin d'ĂȘtre Ă©tranger? - Voter Le Pen c'est se tromper de colĂšre - Honte Ă la France. A notre regrettĂ©e dĂ©mocratie en Ă©pitaphe sur un cercueil de bois noir - Non Ă Le P'Haine - Voulons-nous une sociĂ©tĂ© raciste, amĂšre, nationaliste, craintive, enragĂ©e? NON - Imaginez l'Allemagne des annĂ©es 30 - Le 5 mai on vote Chirac. Le 6 mai pas de Chichi. Le combat continue - Mieux vaut un vote qui pue qu'un vote qui tue - Bravo les jeunes, vous avez lavĂ© l'afFront - Couscous-cassoulet mĂȘme combat - J'ai les boules - I've got the balls - Tengo las bolas - Les Français sont des veaux, ils ont votĂ© pour leur boucher.
7déc. 2015 - Max Frisch « Pire que le bruit des bottes, le silence des pantoufles. » Max Frisch. 7 déc. 2015 - Max Frisch « Pire que le bruit des bottes, le silence des pantoufles. » Max Frisch. Confidentialité . Pinterest. Explorer. Lorsque les résultats de saisie automatique sont disponibles, utilisez les flÚches Haut et Bas pour vous déplacer et la touche Entrée pour
Tout ça pour ça » Patrick Dupriez fait avec nous le bilan dâune annĂ©e politique mouvementĂ©e. Crise de la gouvernance, changement de majoritĂ© en Wallonie, sortie du nuclĂ©aire⊠nous sommes revenus sur les grand thĂšmes qui ont marquĂ© 2017. Avec de lâactualitĂ© chaude aussi, notamment la gestion de la politique migratoire par Theo Francken que le coprĂ©sident dâEcolo qualifie dâindĂ©cente et inefficace ». Le pire pour lui? Ceux qui ne rĂ©agissent pas le MR dâabord, et la masse silencieuse qui sâen Dupriez, si vous deviez dĂ©finir cette annĂ©e politique en une expression?Si je dois choisir une expression, je dirais tout ça pour ça ». CâĂ©tait une annĂ©e trĂšs agitĂ©e politiquement, au niveau belge francophone, comme au niveau international. Mais dans beaucoup de cas, on peut sâinterroger sur ce qui a rĂ©sultĂ© de cette agitation. Beaucoup dâĂ©nergie politique, beaucoup de dĂ©bats, beaucoup de tension voire de combats entre acteurs politiques. Et finalement pour quel rĂ©sultat par rapport Ă la qualitĂ© de vie des hommes et des femmes de ce pays, par rapport Ă lâavenir des politiques internationales, aux grands enjeux quâon a Ă relever ensemble? Le bilan ne me paraĂźt pas spĂ©cialement rĂ©jouissant mĂȘme si un peu partout sur le terrain, il y a des choses positives qui de guĂ©guerres politiciennes?ĂnormĂ©ment. On lâa vu, singuliĂšrement en Wallonie et Ă Bruxelles, avec cette crise de lâĂ©tĂ© oĂč les gouvernements tombent ou ne tombent pas suite Ă de grandes discussions, sans quâon ne sache trĂšs bien sur base de quel enjeu la crise a Ă©tĂ© dĂ©clenchĂ©e. Et puis il y a un nouveau gouvernement qui sâinstalle en Wallonie, mais en fait, on peine vraiment Ă voir quelle est la diffĂ©rence fondamentale entre les politiques qui sont menĂ©es aujourdâhui par rapport Ă celles qui Ă©taient menĂ©es les affaires Publifin et du Samusocial au-delĂ des fautes personnelles, nâest-ce pas la remise en cause de tout un systĂšme?On ne peut pas considĂ©rer que ces affaires soient simplement le rĂ©sultat de fautes personnelles de lâun ou lâautre individu. Bien sĂ»r quâil y a des gens qui se comportent de façon inadmissible, qui font des erreurs, qui parfois commettent des dĂ©lits totalement inacceptables. Mais si cela a Ă©tĂ© rendu possible dans les deux cas, câest parce quâil y avait un systĂšme. Et ce systĂšme, ce nâest mĂȘme pas quâil dysfonctionne, câest justement quâil fonctionne comme ça. Il fonctionne par un systĂšme de rĂ©partition du pouvoir oĂč on achĂšte un peu le silence des uns en donnant des rĂ©tributions, des avantages qui sont totalement excessifs. Et cette façon dâexercer le pouvoir est un problĂšme parce quâelle dĂ©tourne lâensemble des institutions de lâintĂ©rĂȘt Publifin, câĂ©tait Ă©vident. Quelques personnes avaient un pouvoir absolu pour crĂ©er des sociĂ©tĂ©s, toute une nĂ©buleuse dans lâopacitĂ©, et finalement, il nây a plus de contrĂŽle. Et donc au-delĂ de ce que chacun fait ou ne fait pas, il y a vraiment un enjeu dĂ©mocratique qui est en vue des Ă©lections qui arriventâŠPartout oĂč on se trouve dans les institutions publiques, dans le fonctionnement de la dĂ©mocratie, il faut des contre-pouvoirs. Il y a des gens qui ont des responsabilitĂ©s, qui les exercent plus ou moins bien, mais il faut Ă chaque fois quâil y ait ce quâon appelle une opposition, des gens qui sont prĂȘts Ă mettre le doigt lĂ oĂč ça fait mal, pas parce quâil faut toujours ĂȘtre nĂ©gatifs, mais parce que ce contrĂŽle est important pour Ă©viter les dĂ©rives ou le fonctionnement dâun systĂšme comme celui de Publifin ou du pour lâheure, câest toute la classe politique qui est pointĂ©e du doigt, comment sortir de cette impasse?Ăa accroĂźt la mĂ©fiance des citoyens Ă lâĂ©gard de la politique, câest clair, mais aussi la dĂ©fiance. On entend de plus en plus de citoyens qui ne croient plus que lâaction politique peut changer les choses. Câest trĂšs inquiĂ©tant. Alors pas pour nous, mĂȘme si câest parfois dĂ©sagrĂ©able pour celles et ceux qui sâengagent avec gĂ©nĂ©rositĂ©, avec un idĂ©al, etc. Mais câest surtout inquiĂ©tant pour la dĂ©mocratie. Car si nous ne croyons plus, et jây inclus les citoyens, que lâon puisse changer les choses, que lâon puisse amĂ©liorer les choses en sâengageant, en exerçant des responsabilitĂ©s dans tel ou tel espace, un conseil communal, un parlement, un conseil dâadministration, si on nây croit plus, comment est-ce quâon fait?Bien sĂ»r, chacun peut agir individuellement, mais il y a aussi des dĂ©fis quâon doit relever ensemble. Et pour quâon puisse le faire, il faut de la confiance. Et donc des scandales comme les affaires Publifin et le Samusocial, câest Ă la fois bien et sain au sens oĂč on va modifier les choses, parce quâon a rĂ©vĂ©lĂ© des dysfonctionnements majeurs, mais câest aussi dĂ©sastreux par rapport Ă la confiance que nous pouvons avoir vis-Ă -vis du monde politique de maniĂšre une responsabilitĂ© particuliĂšre pour le Parti socialiste?Oui, mais pas exclusive. Oui parce que le Parti socialiste est dominant en Wallonie, Ă Bruxelles aussi, et depuis longtemps. Et donc, je rĂ©pĂšte, si on veut Ă©viter des dĂ©rives et des scandales, il faut un contre-pouvoir. Quand on a un parti extrĂȘmement dominant, il se comporte en dominant, il se comporte en plaçant ses gens, en attribuant des fonctions, des mandats, parfois aussi des emplois pour des raisons qui sont aristocratiques, politicienne et pas en fonction des compĂ©tencesâŠâŠ mais pour service renduPour service rendu, et ça, câest le dysfonctionnement du systĂšme ou plutĂŽt câest le fonctionnement du systĂšme qui aboutit Ă du pire. Le Parti socialiste est le champion de cette maniĂšre de fonctionner dans notre rĂ©gion Wallonie, ndlr. Mais il est le champion dâabord parce quâil est le plus fort. Parce que quand on regarde le MR et le cdH, les deux autres partis traditionnels, ils ne se comportent pas vraiment diffĂ©remment. Ils ont simplement un peu moins lâoccasion dâoccuper lâespace politique. Et donc câest vraiment cette maniĂšre de faire de la politique, cette maniĂšre dâexercer le pouvoir quâil faut deux affaires ont menĂ© Ă un changement de majoritĂ© en Wallonie, pourquoi Ecolo a dĂ©cidĂ© de ne pas y aller?Vous dites que les deux affaires ont menĂ© Ă un changement de majoritĂ©. Est-ce que câest vraiment ça? Bon, Ă un moment, le cdH a dit on veut changerâ. Je crois plutĂŽt que câest un enjeu du cdH lui-mĂȘme qui a fait quâil y ait eu du changement. Le cdH est un parti vieillissant, un parti qui peine aujourdâhui Ă voir quel est son avenir et qui sâest dit Il faut quâon change quelque chose pour sauver notre peauâ. Parce quâau final, dans lâaffaire Publifin par exemple, le cdH est aussi impliquĂ© que le PS. Alors moi, je nâai pas envie de dire tous pourrisâ ou quoi que ce soit du genre, mais en tout cas, je ne suis pas convaincu que ce qui sâest passĂ©, ce changement de gouvernement, ça soit la rĂ©ponse au scandale Publifin. Mais donc on nous a dit il y a tellement de scandales que lâon doit changer la maniĂšre de faire de la politique, changer la gouvernance, remettre de lâĂ©tique⊠Nous sommes prĂȘts Ă©videment et on le fait sans arrĂȘt. Alors on a commencĂ© Ă nĂ©gocier en disant ok, Ă un an des prochaines Ă©lections, avec un pouvoir limitĂ© â puisquâEcolo aujourdâhui câest seulement quatre dĂ©putĂ©s au Parlement de Wallonie, il faut se rendre compte de ça â on a dit Câest pas grave, on veut bien continuer, mais nous nâentrerons dans un gouvernement que si, vraiment, il y a un accord fort pour dire on change les pratiques politiques, on refonde la dĂ©mocratie pour crĂ©er plus de confiance et plus dâefficacitĂ©â. Au final, nous nâavons pas obtenu ce changement de systĂšme auquel nous aspirions et nous avons dit Ăcoutez, dans ces conditions-lĂ , faites votre gouvernement maintenant, nous, on attendra les prochaines Ă©lections en espĂ©rant les gagner et avoir un meilleur rapport de force pour changer les chosesâ.Ce nouveau gouvernement ne jure que par la transparence pourtant, Ă tort?Il y a des avancĂ©es. Il faut les saluer. Dont par exemple le fait que le nouveau gouvernement ait annoncĂ© que tous les subsides accordĂ©s, toutes les aides Ă lâemploi, seront transparents. Câest une bonne nouvelle âŠ. Maintenant, ce qui fonde lâaction politique dâun gouvernement, ce nâest pas seulement de rĂ©gler le fonctionnement du moteur, mais câest quel horizon. OĂč va-t-on? Il faut que la voiture fonctionne, mais il faut aussi dĂ©finir la destination. Et lĂ pour lâinstant, transparence ou pas transparence, par rapport aux grands enjeux de notre rĂ©gion, câest la continuitĂ©. On a de grands discours sur le changement climatique, mais pas de dĂ©cisions qui nous permettent de penser que la Wallonie va dans une autre direction. On a de grands discours sur le redĂ©ploiement Ă©conomique, mais en fait, on nâa pas lâimpression quâil y a quoi que ce soit qui ait changĂ© par rapport Ă niveau fĂ©dĂ©ral, un grand dossier a marquĂ© cette annĂ©e câest la gestion de la politique migratoire de Theo Francken. Comment la qualifieriez-vous?Alors je vais dâabord prĂ©ciser par Theo Francken ET lâensemble du gouvernement. Theo Francken est le champion de la petite phrase, il est trĂšs mĂ©diatisĂ© pour son action, mais peut-ĂȘtre aussi pour sa communication qui a des effets dĂ©lĂ©tĂšres en termes dâimage politique. Mais câest lâensemble du gouvernement qui endosse une politique que je qualifierais dâindĂ©cente et inefficace. IndĂ©cente parce quâelle mĂ©prise la personne humaine. Quand on a ici, Ă Bruxelles, des hommes, des femmes et des enfants qui dorment dans la rue, dans un parc, en plein hiver, et que ce sont des citoyens qui sâoccupent de les hĂ©berger, mais que le gouvernement dit Non, ils sont illĂ©gaux, donc on peut les laisser dans le froid ». Quand on a un gouvernement qui considĂšre que la fermeture des frontiĂšres est la seule rĂ©ponse aux flux migratoires, alors quâon les laisse en fait aux mains des passeurs, des gens qui en font un business, de ceux qui gagnent du pognon en faisait courir des risques Ă ces personnes âŠ, eh bien câest un gouvernement qui, en plus de mĂ©priser la personne humaine, met en place une politique inefficace âŠ. Ăa ne marche pas. Jamais ces politiques nâont enrayĂ© ces flux migratoires. Parce que les gens qui fuient les guerres, dont nous sommes parfois coresponsables, les gens qui fuient la sĂ©cheresse et les changements climatiques, dont nous sommes aussi coresponsables, ils cherchent un avenir meilleur et ils vont arriver. Ils vont de toute façon arriver, quels que soient les barbelĂ©s que lâon quelles sont les solutions alors?Il faut des politiques qui permettent aux gens de se dĂ©placer dans de bonnes conditions, dans les deux sens, mais de façon organisĂ©e. Sinon ceux qui ont le pouvoir, ce sont les criminels. Mais comment Ă©viter un nouveau Calais en Belgique? Un argument que Theo Francken utilise souventâŠComme souvent, il agite des slogans qui sont trĂšs peu Ă©tayĂ©s par les faits. Il parle des migrants. De façon gĂ©nĂ©rale. Sans se rappeler que ce sont dâabord des femmes, des enfants et des hommes, et que chacun dâentre eux est dans une situation diffĂ©rente. Alors oui, il y a un tas de gens qui veulent aller en Angleterre parce que câest ce quâon leur a vendu quand ils ont quittĂ© leur pays. On leur a dit En Angleterre vous aurez une vie meilleure, allez-y », donc ils partent, mais ils ne savent rien de rien bien souvent. Ils ne savent pas comment ça se passe, ils ne connaissent pas leur droit. Donc la premiĂšre chose Ă faire quand des gens arrivent ici, câest de les informer. Dâabord leur donner un toit, et puis de les informer voilĂ vos droits, voilĂ vos possibilitĂ©s, voilĂ ce Ă quoi vous nâaurez jamais droit, ici ou pouvez-vous faire des choix quand vous avez traversĂ© pendant des semaines des situations terribles, parfois en fuyant la guerre, la torture, etc. et que vous nâavez aucune information et que vous dormez dans un parc? Accueillons les gens convenablement, expliquons-leur, et aprĂšs on verra. On voit que quand ce travail est fait, et des ONG le font, certains disent ok, je vais continuer mon rĂȘve dâAngleterreâ, dâautres demandent lâasile ici, et dâautres encore acceptent lâidĂ©e quâen fait, il nây a pas vraiment dâavenir ici et sont prĂȘts Ă retourner chez eux. Mais pour ça, il faut accueillir pour ce quâils sont, et ce gouvernement ne le fait au sujet de Calais. La situation quâon a aujourdâhui au parc Maximilien est un tout petit Calais. Mais câest simplement parce que le gouvernement ne prend pas ses responsabilitĂ©s. Qui peut croire quâun pays comme la Belgique, un pays riche, a un problĂšme Ă accueillir dignement 200 Ă 300 personnes? Câest parce quâil nây a pas de structure dâaccueil correcte que lâon se retrouve dans une situation pareille avec des gens qui campent dans un une plateforme citoyenne qui se substitue Ă lâĂtatâŠEn effet, lĂ il y a des citoyens qui se substituent Ă lâĂtat, ce qui est Ă la fois extraordinaire de gĂ©nĂ©rositĂ© et de sens de la solidaritĂ©, et en mĂȘme tant effrayant de se dire quâun Ătat comme la Belgique nâest pas capable dâexercer une de ses missions fondamentales et que ce sont des citoyens qui doivent supplĂ©er un le recul, est-ce que la caricature de Theo Francken en uniforme nazi rĂ©alisĂ©e par Ecolo J Ă©tait pertinente?Deux choses dâabord câest toujours trĂšs dĂ©licat de faire des caricatures qui font rĂ©fĂ©rence Ă la DeuxiĂšme Guerre mondiale, câest trĂšs chargĂ© de plein de choses âŠ. Câest trĂšs dĂ©licat pour des tas de personnes qui ont connu la guerre et qui peuvent se sentir mal en voyant cette caricature, en disant quâon exagĂšre, mĂȘme temps, je pense quâEcolo J a raison. Il y a aujourdâhui une dĂ©rive dans le discours, et parfois dans lâaction, de Theo Francken et dâautres, en Belgique et dans dâautres pays, qui chemine vers le fascisme. Je ne dis pas vers la Shoah, les massacres ou vers la guerre, mais vers le fascisme compris comme dĂ©ni, comme indiffĂ©rence Ă la personne humaine, dĂšs quâelle est considĂ©rĂ©e comme Ă©trangĂšre, migrante, musulmane. Câest extrĂȘmement dangereux, car le fascisme, il nâarrive pas en un jour, paf, comme ça, dâun jour Ă lâautre. La guerre, elle nâarrive pas un jour, pouf, ça commence. Câest cette lente Ă©rosion des valeurs qui fait que, progressivement, on enlĂšve aux gens leur humanitĂ©, et ça commence aujourdâhui avec ce quâil se passe. Un jour on se rĂ©veille en se retournant en arriĂšre et on se dit, comme ça a Ă©tĂ© le cas en 45, bon sang, comment avons-nous laissĂ© faire ça?â. Il y a toujours cette phrase de Max Frisch Pire que le bruit des bottes, le silence des pantoufles ». Et donc Ă un moment donnĂ©, ce sont nos pantoufles bien Ă lâaise, qui regardent tout doucement les choses empirer. Donc voilĂ , Francken nâest par lâarmĂ©e allemande de 40, mais son discours prĂ©pare ce type de pensĂ©e et ça, câest trĂšs sur le gouvernement fĂ©dĂ©ral. Souvent, il se fĂ©licite de ses rĂ©formes Ă©conomiques. Mais est-ce que les jeunes ne sont pas les oubliĂ©s dans cette histoire?Je trouve ça trĂšs inquiĂ©tant. On a un peu lâimpression dâune gĂ©nĂ©ration sacrifiĂ©e. Alors, elle est sacrifiĂ©e dâabord parce quâil y a une prĂ©carisation des jeunes le nombre dâĂ©tudiants inscrits au CPAS, le nombre de jeunes au CPAS sans emploi, parfois sans rien, parfois des jeunes qui avaient quittĂ© leur famille pour revenir chez leurs parents vu les difficultĂ©s dâaccĂšs au marchĂ© du travail, câest en soi extrĂȘmement inquiĂ©tant et difficile Ă vivre pour de nombreux jeunes. Au-delĂ rĂ©gression sociale, il y a aussi un vide de sens. Qui peut croire aujourdâhui que demain va ĂȘtre meilleur? Beaucoup de jeunes ont cette impression que demain sera pire quâaujourdâhui, que lâon est confrontĂ© Ă de grands dĂ©fis de justice sociale, mais aussi de justice environnementale, de problĂ©matiques de climat, de biodiversitĂ©, qui ne sont pas pris en compte. Et ces jeunes se rendent mieux compte que leurs aĂźnĂ©s quâil sâagit du dĂ©fi de ce siĂšcle. Comment va-t-on continuer Ă vivre correctement sur cette planĂšte alors que ce dĂ©fi nâest pas pris en compte par la politique? Ce sont les jeunes dâaujourdâhui qui vont payer les pots cassĂ©s dâ aujourdâhui, le message qui est donnĂ© aux jeunes, câest souvent attendez de voir, dĂ©brouillez-vousâ et puis vous allez devoir subir le reste. Câest dĂ©sastreux parce que câest tout le contraire quâil faudrait faire. Ce monde, le monde du XXIe siĂšcle, câest vous, les jeunes, qui allez devoir lâinventer, avec vos valeurs, votre culture, avec votre crĂ©ativitĂ©, avec un potentiel qui est lĂ . Et donc, dĂ©ployez-les! Il y a des choses concrĂštes Ă mettre en place par rapport à ça et si je dois en retenir une qui fait le lien entre les politiques sociales et les jeunes, et que nous avons dĂ©posĂ© cette annĂ©e-ci, câest lâidĂ©e quâil faut permettre aux jeunes dâessayer. Aujourdâhui, câest dur de trouver un boulot. Et si on en trouve un, on sây accroche, parce que si on le quitte on a droit Ă rien. Nous pensons quâun jeune qui a un boulot, si Ă un moment donnĂ© ça ne va pas, quâil ne trouve pas de sens, que les conditions sont mauvaises ou simplement quâil a envie de faire autre chose, eh bien il doit avoir la possibilitĂ© de dire jâarrĂȘteâ, tout en conservant son droit au chĂŽmage. Il sera remplacĂ© par quelquâun dâautre, donc ça ne coĂ»tera pas plus cher Ă la sociĂ©tĂ©, mais il va pouvoir rebondir et faire autre les questions environnementales, tout le monde semble reprendre les idĂ©es dâEcolo Ă son compte. Est-ce que le parti Ecolo a encore un sens finalement?Plus que jamais. Alors il y a un cĂŽtĂ© positif de voir quâaujourdâhui, dans tous les partis, et plus largement dans la sociĂ©tĂ©, il y a enfin une vraie prise de conscience de lâenjeu Ă©cologique et du fait que les grandes questions politiques de ce siĂšcle seront de toute maniĂšre liĂ©es Ă lâĂ©cologie, au lien entre les activitĂ©s humaines et la planĂšte et la nature. Donc câest bien que la prise de conscience progresse. Câest vrai que l »on voit aussi tous les partis mettre une petite gommette verte, on rebaptise le socialisme Ă©cosocialisme, trĂšs bien. On a un ministre libĂ©ral qui dit je suis environnementalisteâ, trĂšs bien. On a le cdH dont on a lâimpression que le programme politique est un copiĂ©-collĂ© du nĂŽtre, fort bien. Mais on parlait au dĂ©but de lâinterview de confiance des citoyens Ă lâĂ©gard des politiques. Tout ça fait pire que mieux si toutes les intentions ne sont pas suivies dâactes. Or aujourdâhui, on reste profondĂ©ment dans lâincohĂ©rence. Il y a de grands discours sur le changement climatique, et puis la rĂ©alitĂ©, câest quâil y a moins dâargent pour les trains, moins dâargent pour les bus, quâon subventionne les embouteillages, quâon est prĂȘt en Wallonie Ă investir sur de nouveaux tronçons autoroutiers. Eh les gars, il y a un problĂšme de cohĂ©rence! Lâenvironnement ce nâest pas seulement discourir et mettre des Ă©tiquettes. Câest Ă un moment agir et oser faire des choix qui ne sont pas toujours faciles parce quâon va devoir changer notre sociĂ©tĂ© en profondeur. Ăa veut dire quâon ne va pas traiter lâenvironnement Ă cĂŽtĂ©, mais que lâon doit intĂ©grer la question Ă©cologique dans toutes les politiques, avec bien en tĂȘte lâidĂ©e que le monde dans 20 ans, celui des jeunes, sera trĂšs diffĂ©rent de celui dâaujourdâhui. Donc ajouter un chapitre environnementâ a un programme politique, ça ne changera rien. Il est temps de passer du discours aux un dossier brĂ»lant en fin dâannĂ©e, celui de la sortie du nuclĂ©aire dâici 2025âŠCe qui est certain, câest que plus on attend, plus câest difficile. On voit que la Belgique a votĂ© une loi de la sortie du nuclĂ©aire en 2003. On est en 2017. Depuis 2003, on a attendu, on a hĂ©sitĂ©, on est revenu en arriĂšre, on a dit oui peut-ĂȘtre quâon va le faire, peut-ĂȘtre quâon va prolonger les centralesâ. Mais en fait, si on ne prend pas de dĂ©cision claire, les investisseurs alternatifs, ceux qui sont prĂȘts Ă investir dans les Ă©nergies renouvelables, ils attendent. Puisque le signal politique nâest pas assez il faut dĂ©cider vite pour que ça soit possible. Et câest possible, ça on le sait que câest possible. Elia, qui est la sociĂ©tĂ© qui gĂšre le rĂ©seau Ă©lectrique belge, a sorti tout rĂ©cemment une Ă©tude, trĂšs dĂ©taillĂ©e, trĂšs chiffrĂ©es qui dit voilĂ il y a plusieurs scĂ©narios, mais on peut sortir du nuclĂ©aireâ. Mais pour quâon puisse le faire, il faut trĂšs trĂšs vite le confirmer, et commencer les investissements dans lâĂ©nergie alternative, et donc de nouveau câest une question de choix politique. Qui fĂąche-t-on? Qui sont les lobbies derriĂšre la N-VA ou certains au MR qui disent non, non, il faut continuer avec le nuclĂ©aireâ? En fait, ça rapporte beaucoup dâargent Ă des grosses sociĂ©tĂ©s le nuclĂ©aire. VoilĂ la aussi une vision du monde, ce nâest pas seulement comment produisons-nous lâĂ©nergieâ, câest une vision du monde par rapport Ă lâĂ©conomie. Veut-on que quelques trĂšs grosses sociĂ©tĂ©s produisent lâessentiel de lâĂ©lectricitĂ© ou est-ce quâon veut un monde oĂč plein de petits acteurs, de PME, de coopĂ©ratives, de citoyens, produisent aussi de lâĂ©nergie et participent au dĂ©veloppement Ă©conomique? Tout en gardant les revenus sur notre territoire. Ce sont deux visions politiques diffĂ©rentes, mais ce qui est certain, câest que certaines personnes, Ă la N-VA sĂ»rement et au MR peut-ĂȘtre, se disent que si on retarde la sortie du nuclĂ©aire, ça sera devenu impossible de sortir du nuclĂ©aire, on sera obligĂ© de contre-critique, Ă©mise par Charles Michel, pointait le manque de prĂ©vision au moment du dossier sur les panneaux photovoltaĂŻques. Une critique rĂ©currente contre EcoloâŠCâest Ă chaque fois ce que tout le monde ressort parce que les adversaires dâEcolo savent que ça nous fait mal. De façon injuste dâailleurs, parce quâil faut toujours le rappeler, on avait un systĂšme de soutien au renouvelable qui Ă©tait maĂźtrisĂ©, qui anticipait correctement les choses pour dĂ©velopper la filiĂšre. Mais Ă un moment donnĂ©, certains, en lâoccurrence dans un gouvernement sans Ecolo, ont dit ah, nous allons faire du marketing, et booster le soutien au photovoltaĂŻque » âŠ. Cela a menĂ© Ă ce que cela coĂ»te trĂšs cher Ă la sociĂ©tĂ©, en faveur de ceux qui avaient dĂ©cidĂ© dâinstaller des une mauvaise gestion, qui nâest pas Ă©cologiste, mais que lâon nous a attribuĂ©e. Il ne faut plus faire ça. Il faut Ă©videmment soutenir les choses de façon cohĂ©rente. Mais rappelons-nous que par kilowattheure, quand on est dans le renouvelable, on a quatre fois plus dâemplois créés, que quand on est dans le fossile, le pĂ©trole, le charbon ou le nuclĂ©aire. Donc mĂȘme quand parfois ça coĂ»te un peu plus cher Ă lâinvestissement, câest beaucoup plus intĂ©ressant pour notre Ă©conomie, beaucoup plus intĂ©ressant pour notre environnement, et Ă terme, dans dix ou quinze ans, quand lâinvestissement est amorti, câest gratos le soleil, câest gratos le vent, câest gratuit la biomasse ou la gĂ©othermie! Donc il faut oser investir aujourdâhui pour avoir vraiment une sociĂ©tĂ© beaucoup plus autonome et 2019, sont deux annĂ©es Ă©lectorales, quels sont les objectifs dâEcolo?Je souhaite dâabord que soit lâoccasion de vrais moments dĂ©mocratiques. Ăa veut dire des dĂ©bats dĂ©mocratiques. Quelle sociĂ©tĂ© veut-on? Quel choix fait-on? Comment on avance dans cette direction? Mais aussi de la participation. Si on veut, en 2018, des communes qui avancent, eh bien il faut des citoyens qui sâengagent. Des hommes et des femmes qui disent je suis prĂȘt Ă y allerâ. Avec Ecolo, dans le meilleur des cas, mais aussi avec dâautres, sur des listes dâautres partis, sur des listes citoyennes âŠ. Je ne vais pas seulement rĂąler contre tous ces politiciens qui ne font pas correctement le travail, je vais y allerâ, on a besoin de citoyens qui sâengagent et de mandataires qui se renouvellent. On a besoin de jeunes qui sâengagent. De femmes qui sâengagent davantage, des gens de toutes origines. Et quâĂ un moment donnĂ©, le bourgmestre qui est lĂ depuis 45 ans, bon sang, quâil soit bon ou mauvais, quâil laisse la place aux câest vrai que jâaimerais quâil y ait plus dâĂ©lus Ă©cologistes, dans les communes et dans les futurs gouvernements, parce quâil est temps de passer du discours aux actes. Pour plus de justice sociale et pour rĂ©concilier nos activitĂ©s avec la une alliance de la gauche avec le PS et le PTB?Ă cette heure-ci, toutes les alliances sont possibles. On nous pose toujours la question, mais la question câest est-il possible dâavoir une alliance politique sur les enjeux Ă©cologistes qui sont au cĆur du XXIe siĂšcle? Donc moi, je suis toujours embĂȘtĂ© quâon me demande Ă chaque fois la mĂȘme chose. Moi je prĂ©fĂšre dire Ă dâautres partis, en tant que coprĂ©sident dâEcolo Est-ce que vous ĂȘtes prĂȘts Ă faire des alliances, des compromis avec les Ă©cologistes, pour amener la sociĂ©tĂ© vers plus de respect de lâenvironnement et plus de justice sociale?â. Et donc le pivot pour moi, le cĆur de lâaction politique, ça doit ĂȘtre lâĂ©cologie politique. Et on verra bien qui est prĂȘt Ă nous rejoindre lĂ
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